Vivre avec un parent malade

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Les parents boivent, les enfants trinquent !

Nombre de parents pensent que les enfants n’ont rien remarqué et estiment à tort  que  cacher  le  problème  évite à l’enfant de souffrir. Mais l’enfant ne souffre pas simplement de l’alcoolisme de son parent mais aussi de l’ambiance qui règne à la maison.

Même très jeune l’enfant ressent les tensions et en souffre sans en comprendre objectivement la cause. Il est souvent livré à lui-même et il doit souvent effectuer des tâches qui ne sont pas de son âge : s’occuper de ses  frères et sœurs, assumer des responsabilités à la place du parent  alcoolique et du conjoint dépassé, prendre le rôle d’un parent.


Il  s’investit souvent par la force des évènements dans une mission de surveillance du parent malade ou est parfois chargé par l’autre parent de la contrôler.  L’enfant est témoin, parfois victime, de scènes de violences verbales, voire physiques. Il vit en permanence dans la crainte des conflits,  mais  aussi  dans la peur de ne plus être aimé, l’appréhension de perdre son parent malade ou d’être  abandonné  par  l’autre parent.


Il s’efforce de tout faire pour éviter de provoquer des scènes,  se  sentant souvent, à tort,  responsable de certaines  consommations.  « Si je travaillais  mieux à l’école,  tout  irait mieux !  si je n’avais pas refusé de rendre tel ou tel service, rien ne se serait passé ».
A la maison, tout se vit dans l’insécurité, l’instabilité, au jour le jour et souvent dans l’urgence.


Les promesses sont rarement tenues, les avis changent, les limitent fluctuent. Tout s’organise autour des consommations ou des non-consommations. On ne  peut rien prévoir et, ne sachant jamais ce qui va se passer à la maison, l’enfant  n’ose  plus  inviter ses camarades, ni faire des projets avec eux.  Il vit dans la honte  et  la  culpabilité  et  essaie  de  cacher tout cela par loyauté vis-à-vis de son parent malade et sa famille.


L’enfant est sans cesse confronté à des  comportements imprévisibles, à  des punitions ou des récompenses arbitraires. Entre les humeurs fluctuantes  de  ses  parents et de ses propres émotions le jeune ne sait plus où il en est : il est déchiré entre colère et déception, amour et haine. Il vit au quotidien soucis et stress.

D’autres évènements peuvent s’ajouter et il est plus souvent que les autres enfants, confrontés à des  disputes  entre  ses  parents ou leur séparation, voire  instance  de  divorce,   ce  qui  impliquent  d’autres changements comme déménagements, changements d’école. De plus l’enfant doit parfois s’interposer dans un conflit, prendre la défense de l’alcoolique ou celle de l’autre parent, devenir confident et/ou soutien de l’un ou de l’autre selon les circonstances.
 S’il souffre des excès du parent alcoolique,  il souffre aussi souvent de ne pas comprendre l’attitude de l’autre parent.

Il se sent responsable de la situation, mais impuissant, il n’ose rien dire. Pour lui, il est douloureux de supporter les comportements aberrants, les propos  incohérents, les excès en tout genre, et à cela s’ajoute la crainte que les  autres personnes, hors de  la famille, se rendent compte de la situation, il redoute d’être rejeté ou pris en pitié.

Dans ces conditions ces enfants ou adolescents présentent souvent un important déficit de l’estime de soi, un déni de leurs propres besoins et de leurs émotions, des doutes sur leurs capacités, des difficultés de  communication, de devoir faire des choix, la peur de l’échec, sans oublier le risque pour eux de développer ultérieurement eux-mêmes plus tard des problèmes de consommation ce qui se vérifie chez les enfant souffrant de troubles alimentaires en lien avec la dépendance de leur parent malade.
Ces enfants en situation de détresse montrent des troubles de  sommeil,  des difficultés de concentration, de l’hyperactivité, quelquefois des retards de croissance, des dépressions, des troubles du comportement et souvent des problèmes dans leur scolarité.

Que faire pour aider l’enfant ? 

• Lui parler de la maladie de son parent avec des mots simples, le confirmer dans son propre jugement qu’il vit dans cette situation difficile mais dont il n’est pas responsable :  lui faire comprendre qu’il ne peut  pas soigner son parent malade, ni le faire arrêter de boire et lui proposer notre aide dans la confidentialité qui est si importante pour lui

• Lui offrir un accueil et un cadre dans lequel il puisse parler de ses sentiments, de ses peurs, de ses soucis, de la honte et de la culpabilité qu’il ressent et dont nous devons le soulager.

• Rencontrer le conjoint du malade pour lui recommander, malgré ses difficultés, de s’efforcer de rétablir un cadre de vie structuré et rassurant et renforcer l’enfant dans son estime de lui-même, en lui réservant un espace dans lequel il aura le droit d’être et de vivre enfant. 

• Permettre à l’enfant de développer un attachement émotionnel stable en dehors de la sphère familiale, grands-parents, oncles ou tantes, amis de la famille, bénévoles de l’association…