Vivre avec un conjoint malade

https://www.alcoolassistance.net/images/pages-LA-MALADIE/conjoint-alcoolique.jpgVivre avec un conjoint alcoolodépendant

Après l’heure du doute vient celui de la certitude que l’on vit avec un alcoolodépendant, c’est une situation difficile dans laquelle on ne cesse de  se poser des questions et de se remettre en cause. Espoir, désespoir, amour, haine, colère, culpabilité autant de sentiments qui se  succèdent ou cohabitent au point qu’il arrive souvent que l’on ne sache plus ou on en est. 

Parfois la colère, la tristesse et le découragement nous amènent nous-mêmes à en perdre le sommeil et affecter notre  propre  santé physique.

Et puis il y a aussi les nombreuses questions qui nous empoisonnent la vie :

Suis-je responsable de cette situation ?

Quand il (ou elle) me dit qu’il boit à cause de moi, est-ce vrai ? 

Comment cacher la situation à mon entourage ?

Ces sentiments de honte et de culpabilité nous isolent peu à peu.

S’offrir  du  bon temps,  suivre ses envies et  ses  désirs  deviennent missions impossibles,  par  manque de temps,  parce-que  on  a plus  l’énergie  pour sortir  et  aussi  parce-que on a peur  qu’une  catastrophe  se produise  en  notre absence.  

Alors peu à peu s’installent solitude,  épuisement, désespoir et le sentiment d’avoir raté quelque chose et de ne plus pouvoir rien changer. 

Que faire pour bien faire ? 

Pour  tenter  d’améliorer la situation, d’aider le  partenaire à arrêter sa consommation nous essayons d’abord de comprendre, puis nous empruntons différentes stratégies :
discuter, menacer, aimer davantage, réduire nos propres  exigences, mais rien n’y fait du moins durablement. Alors que se passe-t-il ?

Parallèlement à la progression de l’alcoolisation s’installe un processus que l’on appelle codépendance.

C’est une  suite  d’attitudes  et  de  réactions  qu l’on adopte pour aider le partenaire mais qui finalement épuise  sans  pour  autant  que  la  situation ne s’améliore de façon durable.  Pour être en mesure  d’aider l’autre il est nécessaire de comprendre ce processus.


Protéger et excuser

«  Il a beaucoup de travail », « beaucoup de soucis », « ses amis l’entraînent à boire », « il ne sait pas dire non », et bien souvent nous lui cherchons des excuses ou des raisons pour expliquer pourquoi il boit trop. Bien souvent aussi nous assumons les responsabilités à sa place pour lui éviter des soucis ou parce-que il n’est plus en mesure de les assumer. 

 

Une autre stratégie : contrôler et accuser 

Protéger et excuser n’ont rien changé au problème, alors nous essayons de limiter les consommations, de contrôler ce qu’il (ou elle) fait, où il va, avec qui…
Nous développons d’ingénieuses stratégies  pour  essayer de maîtriser la  consommation  d’alcool  du partenaire.  Il boit peu, il sort  moins et nous retrouvons espoir, il rentre tard et s’endort sur le canapé, c’est la déception.

Nous perdons peu à peu notre confiance en lui et en nous-mêmes, ainsi qu’en notre capacité à l’aider et à l’empêcher de boire. C’est alors que  surviennent les disputes, les colères «éclatent de plus en plussouvent,  colères contre lui-même, contre l’alcool, contre nous, contre ceux qui boivent avec lui, contre ceux qui voient son problème et ne disent plus rien.

Lorsque la situation est devenue insupportable et que toutes nos initiatives pour essayer de le (ou la) faire arrêter de boire ont échouées nous laissons alors libre cours aux  reproches. C’est à cause de lui (ou elle) que tout va mal, et c’est lui (ou elle) qui nous  rend malheureux il doit arrêter de boire sinon il (ou elle) sera responsable des conséquences, de notre souhait de séparation, voire de divorce !

il aura fallu beaucoup de dépenses d’énergie, de souffrances accumulées, de moments d’espoir et de doute pour finalement nous rendre  compte  que  nous  pouvons pas faire les choses à sa place et que sans un engagement dans  une  démarche personnelle, toute notre bonne volonté, toutes nos démarches ne parviendront pas à stopper la progression de la maladie de la dépendance.

 

Que faire, quel comportement adopter ?

Plutôt que de désespérer le (ou la) voir changer, si MOI je change quelque chose, cela aura forcément une influence sur son comportement. Mais que changer ?

• Accepter que je ne peux pas arrêter de boire à sa place, ni même me faire soigner à sa place.

• Considérer objectivement que je ne peux changer que moi-même.

• Réapprendre à répondre à mes besoins et mes envies : faire ce qui me fait plaisir, rencontrer les personnes que j’aime, prendre du temps pour m’occuper de moi.  

• Me rassurer, je ne dois pas me sentir coupable, il ne boit pas à cause de moi, il boit parce-que il est malade de l’alcool et que c’est la seule raison de son comportement.

•  Je peux et je dois me poser des limites pour ne plus souffrir pareillement de ce problème d’alcool.

•   Je ne dois plus tout assumer ni tout faire à sa place. Je dois chercher de l’aide pour moi-même pour soulager ma souffrance et m’aider dans ma démarche.

•   Me rassurer,  je ne dois  pas me sentir coupable, il ne boit pas à cause de moi, il boit parce-que il est malade de l’alcool et que c’est la seule raison de son comportement.

 

Où rechercher de l’aide ? 

• Auprès d’un médecin.

• Un centre de consultation en alcoologie.

• Un groupe d’entraide qui réunit les proches de personnes dépendantes.


Alcool Assistance comporte de nombreux groupe Entourage partout où l’association est présente.