Historique du Saf
Les recherches d’hier à aujourd’hui
Il est confondant, lorsque l’on recherche dans la bibliographie l’origine de la recherche sur le Saf, de se rendre compte à quel point il est encore difficile de faire prendre en compte le danger de la consommation d’alcool par la femme enceinte alors qu’il est dénoncé depuis la haute antiquité !

L’Ancien Testament relate en ces termes, l’avertissement donné par l’ange à la future mère de Samson : « Désormais prends bien garde ! Ne bois ni vin, ni boisson fermentée, car tu vas concevoir et tu enfanteras un fils ».
Pour en venir à une période plus proche de nous, on sait qu’en 1725 le Collège royal des médecins s’adresse au parlement anglais pour alerter les parlementaires : « Les enfants nés de mères consommant du gin sont difformes, faibles et débiles ».Ils demandent la réglementation de la production et de la vente d’alcool.
Ce ne sera qu’en 1834, soit plus d’un siècle plus tard, que la Chambre des Communes répondra en rendant public un rapport intitulé dans lequel il est reconnu que: « les mères alcooliques tendent à mettre au monde des bébés qui semblent mal nourris malingres et difformes ».
En 1865, en France,
le Dr Lancer rapporte avoir observé que : « les enfants de parents alcooliques, lorsqu’ils ne décèdent pas en bas-âge, présentent des caractéristiques crâno-faciales et comportementales particulières ».
Vers 1899, le Dr William Sullivan, de Liverpool, met en évidence que l’alcool a des effets tératogènes sur le fœtus en étudiant les grossesses de détenues alcooliques de la prison où il travaille comme médecin ; il constate que le taux de fausses couches et de décès d’enfants est deux fois et demi plus élevé que dans le reste de la population.
Sa découverte est donc révolutionnaire par rapport aux idées de l’époque et marque véritablement le début des connaissances scientifiques en matière d’alcoolisation fœtale.
Certaines recherches ont, depuis, démontré qu’elle peut être légèrement plus élevée.
A cette époque, on peut aussi se référer aux travaux de J.-W. Ballantyne qui fut le premier à ouvrir une clinique pour le suivi des grossesses, et de T.-A. Mac Nicholl qui signe un article sur les effets de l’alcool consommé par la mère chez les enfants d’âge scolaire.
En 1929, un chercheur suisse étudie les enfants de pères et mères alcooliques ; il en arrive aux même conclusions que Sullivan et Ballantyne quant aux mères, mais il établit que celles-ci ne se produisent pas dans le cas de pères alcooliques.
On commence donc à établir que c’est la consommation maternelle qui est en cause.
Plusieurs années plus tard, en 1957, la psychiatre J. Rouquette décrit dans sa thèse certains traits morphologiques et caractériels observables chez les enfants de mères alcooliques.
En 1968, les hôpitaux et pouponnières départementales hébergent les nouveau-nés et nourrissons issus de familles alcooliques.
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Paul Lemoine, un précurseur
Paul Lemoine, médecin des hôpitaux, analyse les généalogies, suit la croissance, étudie les comportements et photographie ces enfants (que l’on appellera « Les Petits Lemoine »).
Il acquiert la conviction que ces sujets présentent un ensemble d’anomalies identiques d’un enfant à l’autre. Selon lui, le visage est si caractéristique « qu’il permet d’affirmer sans connaissance de l’état de la mère que celle-ci est alcoolique ». Le retard de croissance est habituel. Les malformations sont surtout cardiaques et osseuses. Le retard intellectuel est sévère et s’accompagne d’un comportement très particulier.
Il rédige ses observations recueillies sur une cohorte de 127 enfants, et présente sa recherche à la filiale nantaise de la Société française de pédiatrie. Celle-ci l’accueille avec scepticisme. Son travail ne sera accepté pour publication que dans la revue locale L’Ouest Médical.
Son article sera tiré de l’oubli grâce à W. Lenz, un pédiatre allemand qui le signalera à la communauté scientifique mondiale quelques années plus tard. Ignoré en France, Paul Lemoine reçoit aux Etats-Unis, en 1984, en même temps qu’Anne Sreissguth de Seattle, le prix Jellineck qui récompense annuellement les meilleurs travaux mondiaux sur l’alcoolisme.
En 1973, D.-W. Smith et son élève K.-L. Jones sont frappés par l’aspect caractéristique de plusieurs enfants de mères alcooliques. En fait, ignorants du travail de Paul Lemoine, ils décrivent un tableau identique qu’ils intitulent Fetal Alcohol Syndrome.
La publication initiale de Smith et Jones a eu un retentissement considérable avec depuis, de nombreux travaux épidémiologiques ou cliniques. Une équipe de dysmorphologistes, de neurologues, de psychologues et d’épidémiologistes se crée et, dès lors, l’école de Seattle ne cessera de publier, après avoir démontré que la responsabilité de l’alcoolisation maternelle dans le devenir de l’enfant est écrasante.
De nos jours, en France,
il y a de nombreuses années déjà que le Dr Maurice Titran, pédiatre à Roubaix s’est consacré, en collaboration avec le Dr Philippe Dehaene, d’abord à l’hôpital, puis au Centre d’action médico-sociale précoce, aux des mamans alcooliques mais aussi à tous les petits enfants Saf, auxquels, avec toute son équipe, il apporte attention, affection et amour.
Le Nord-Pas-de-Calais particulièrement concerné par le Saf a été pionnier dans ce domaine. De nombreux élèves de l’école Titran, en particulier, Denis Lamblin et Thierry Maillard, ont porté le message de prévention à La Réunion et crée Réunisaf, qui, après un travail remarquable en Outremer, a développé cette association sur le territoire métropolitain, S.A.F France.
Alcool Assistance membre du conseil d’administration à S.A.F France
Alcool Assistance, a souhaité apporter le renfort de tous ses bénévoles compétents pour que leurs efforts conjugués parviennent à convaincre pour réduire de façon significative les effets et conséquences du Saf pour parvenir au plus vite au résultat obtenu Outremer.
S.A.F France est une association régie par la loi du 1° juillet 1901, elle a pour objet de faciliter en France, l’information, la formation, la recherche, les soins, l’accompagnement et la prévention de l’Ensemble des Troubles Causés par l’Alcoolisation Fœtale (ETCAF).
L’association, est en lien étroit avec l’ensemble des acteurs concernés :
autorités de santé nationales et régionales, collectivités territoriales, professionnels dans les champs de la santédu médico-social, du culturel, de l’éducatif, et de la justice, ainsi que toute autre institution, association, groupement, syndicat, …, œuvrant sur cette question, a pour buts :
1. de faciliter la recherche et la formation
2. de proposer la fédération des connaissances et savoir-faire.
3. de faciliter leur diffusion
4. de participer à l’élaboration, la promotion, la réalisation et le suivi en France, d’une politique de prévention, de soin et d’accompagnement de l’Ensemble des Troubles Causés par l’Alcoolisation Fœtale (ETCAF) qui prenne en compte la diversité des professionnels concernés.
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