Le GBL, nouvelle drogue, nouveaux dégâts ?

Puissant solvant pour les jantes de voitures, il est détourné depuis peu en drogue dans certaines discothèques !



Puissant solvant pour les jantes de voiture, le GBL semble être la nouvelle drogue à la mode en boite de nuit.

Depuis quelques jours, plus d'une dizaine de cas de malaises et comas ont été recensés après l'absorption de ce dérivé de GHB, notamment dans la région de l'Hérault.

Les consommateurs voient leur organisme transformer le GBL en GHB. Selon la dose prise, les effets sont connus : phase d'euphorie, sommeil profond voire comateux, perte des inhibitions, ....


En février dernier, près d'une dizaine de personnes ont été hospitalisées à Montpellier suite à la consommation de ce solvant.


Selon ses dernières interviews, Loana,  retrouvée inconsciente chez elle le 4 février dernier, aurait déclarée prendre quelques gouttes de ce produit avant de dormir pour se relaxer.


                                   


Le GBL, un solvant détourné en drogue


Le gamma-butyrolactone est un produit chimique utilisé dans l'industrie comme solvant à peinture, époxy ou vernis à ongles. Pourtant, certains le détournent de son usage pour en faire une drogue : une substance qui, une fois absorbée, modifie des fonctions de l'organisme, physiologiques ou psychiques.

Ce solvant à peinture (généralement vendu sans aucune restriction) est de nos jours détourné par des accrocs à la drogue du fait d’une de ses propriétés : celle d’être un puissant anesthésiant médical qui se transforme en GHB une fois dans l'organisme.

Ce que l’on remarque entre autre, c’est que de plus en plus, des boîtes de nuit se laissent envahir par la vente de cette drogue du violeur encore appelé GBL.
 
Selon certaines enquêtes, nombreux sont ceux qui se procurent cette drogue du violeur sur un site internet spécialisé. Pour certains, le prix du GBL est de 100 euros/l et, d’autres s’estiment « heureux » de l’avoir eu moins cher à 70 € le litre. Une fois procuré, ils le revendent et peuvent, pour la même quantité achetée, « pouvoir gagner 2 500 €
 ».





Comment le GBL est-il consommé ?


Certains mélangent 1 bouchon de GBL à des sirops ou encore à de l'eau. D’autres disent l’associer à la cocaïne, à l'ecstasy ou au haschich …


Quelles peuvent en être les conséquences ?


Aujourd’hui, le GBL peut être l’origine de dramatiques conséquences sur l'organisme du fait qu’il touche l'œsophage.


Pour mieux toucher du doigt la réalité de ce produit décapant, certaines vidéos mises en ligne permettent de voir comment, quelques gouttes du GBL font dissoudre simultanément l'emballage cellophane d'un paquet de cigarettes.

A cela s’ajoutent l’accélération du rythme cardiaque, du « consommateur » qui vire au bleu jusqu’au coma au point où, son diagnostic vital soit engagé.

Aujourd’hui, plus que jamais, ce phénomène qui est en train d’envahir le monde de la nuit et les night-clubs : ce qui devient de plus en plus inquiétant, voire alarmant. Alors, « Gamma J », « G », « Gamma-butyrolactone », « drogue du violeur » ou GBL, l’alerte est donnée : notre société est plus que jamais menacée.  

 
"Il peut être détourné de son usage, mais c'est aussi valable pour l'éther"

Le GBL est un produit transformé automatiquement par l'organisme en GHB - ou drogue du violeur-. Liquide, inodore et incolore, ce produit provoque des effets très différentes selon les personnes:

euphorie, perte d'inhibitions mais aussi sommeil profond, vomissements, troubles respiratoires, troubles de la mémoire, etc



"Le GBL peut également causer des comas selon la réaction du corps de chacun" souligne Etienne Apaire, le président de la MILDT (mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie).

Aujourd'hui, le GBL n'est pas considéré comme une drogue. Vendu pour nettoyer les jantes de voiture ou effacer les graffitis, il est destiné à des professionnels. "Il peut être détourné de son usage, mais c'est aussi valable pour l'essence ou l'éther, rappelle Etienne Apaire. Tout le monde peut se le procurer." Ce produit semble prisé par les jeunes, d'autant plus qu'il est "abordable financièrement" et qu’il "n'est pas interdit".

Selon l'étude sur les Nouvelles drogues et tendances émergentes de l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies réalisée en 2008, "le prix moyen d'une dose de 1 gramme de GBL achetée en gros sur l'internet oscille entre 0,09 et 2 euros." Le dealer n'a plus qu'à "enrober son discours de promesses d'effets quelconques" pour pousser à la consommation. Le président de le MILDT admet l'existence d'un "trafic". "Le GBL est présent dans les boîtes de nuit. Sa consommation se développe chez ceux qui recherchent la nouveauté".

Mais Etienne Apaire reste nuancé: "Rien ne permet de parler d'une tendance à la hausse. Les chiffres de consommation sont bas et les incidents comme celui de l'Hérault sont rares."



"Il n'est pas question d'interdire ce produit"


   

En France, la première drogue consommée est le cannabis, suivie de la cocaïne, des drogues de synthèse, de l'héroïne... "Le GBL se trouve très loin derrière", assure Etienne Ampaire. "Si besoin, l'administration prendra des précautions concernant la distribution de ce produit. Mais il n'est pas question de l'interdire ou de le placer sur la liste des stupéfiants".

Le GBL figure "dans la liste des substances non contrôlées pour lesquelles des mesures de surveillance sur base volontaire sont en place dans tous les États membres, de manière à prévenir leur détournement d'usages industriels licites" indique l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies.


De plus, "certains États membres (Italie, Lettonie, Suède) ont choisi de contrôler le GBL en vertu de leur législation de contrôle des drogues ou équivalente, et des mesures de contrôle supplémentaires font actuellement l'objet de débats au Royaume-Uni".

Les autorités ne semblent pas inquiètes au vu de la proportion minime d'utilisateurs de GBL. Aujourd'hui, la MILDT se concentre surtout sur sa mission d'information sur les dangers des drogues. Et elle rappelle que les dealers de GBL, bien que produit licite, pourraient être poursuivis pour empoisonnement.     

  


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