ALCOOLISME  : 

Le terme alcoolisme est devenu archaïque. Aujourd'hui, on lui préfère le terme d'alcoolodépendance ou de maladie alcoolique. En langage médical, l'alcoolisme possède plusieurs synonymes moins connus qui n'ont pas le même caractère péjoratif. On emploie ainsi les expressions œnolisme, éthylisme, exogénose ou encore intoxication OH.

Le médecin suédois Magnus Huss a été l'un des premiers en 1849 à situer l'alcoolisme dans le champ des maladies et à donc l'extraire de sa connotation de vice. Dans les années 1950, Pierre Fouquet décrit l'alcoolisme comme l'incapacité de s'abstenir de consommer de l'alcool

La maladie alcoolique, est une maladie chronique décrivant chez un individu une addiction à l'éthanol ainsi que les répercutions d'alcool. Cette perte de contrôle s'accompagne généralement d'une dépendance physique caractérisée par un syndrome de sevrage à l'arrêt de la consommation, une dépendance psychique, ainsi qu'une tolérance.

L'alcool est une substance psychoactive à l'origine de cette dépendance mais elle est également une substance toxique induisant des effets néfastes sur la santé. L'alcoolodépendance est à l'origine de dommages physiques, psychiques et sociaux.    

                             
                                                                                  

CRITERES DE LA DEPENDANCE DE L’ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE CIM-10 (1992)

Certains symptômes du trouble ont persisté au moins un mois ou sont survenus de façon répétée sur une période prolongée.

Au moins trois des manifestations suivantes sont présentes en même temps au cours de la dernière année :

  • Un désir puissant ou compulsif de prendre de l'alcool ;
  • Difficultés à contrôler l’utilisation de la substance (début ou interruption de la consommation au niveau de l’utilisation) ;
  • Syndrome de sevrage physiologique quand le sujet dimine ou arrête la consommation. comme en témoignent la survenue d’un syndrome de sevrage caractéristique de la substance, ou l’utilisation de la même substance (ou d’une substance apparentée) pour soulager ou éviter les symptômes de sevrage; 
  • Mise en évidence d’une tolérance aux effets de la substance psychoactive : le sujet a besoin d’une quantité plus importante de la substance pour obtenir l’effet désiré ;
  • Abandon progressif d’autres sources de plaisir et d’intérêt au profit de l’utilisation de la substance psychoactive, et augmentation du temps passé à se procurer la substance, la consommer ou récupérer ses effets ;
  • Poursuite de la consommation de la substance malgré la survenue de conséquences manifestement nocives.


    DEPENDANCE A L'ALCOOL

    La chose la plus importante à savoir est que l'alcoolisme n'est ni une faiblesse de caractère, ni un vice moral, mais bien une maladie.


    Lorsqu’une personne alcoolique décide d'arrêter sa consommation, cela est très difficile et douloureux.

    Outre l'énorme volonté dont il va devoir faire preuve, il risque par exemple des crises de délirium tremens qui exigent bien souvent un séjour en réanimation.  
           

                   
         
             

    Alcoolisme progressif

    C’est aussi une maladie progressive.
    L’alcoolique deviendra de plus en plus obsédé par l’alcool et son besoin de boire.  Sa vie en viendra à graviter autour de la recherche d’occasions de consommer.

    On remarquera non seulement une augmentation de la fréquence des consommations, mais également des quantités et, incidemment, des conséquences négatives et des problèmes nécessairement engendrés par l’abus d’alcool.

    À cela s’ajoute une détérioration physique et psychique de plus en plus évidente de l’alcoolique ou du toxicomane. 

    Phase de la dépendance physique

    Le psychotrope : un besoin

    - perte de contrôle

    - justification (système d'alibis)

    - abandon d'autres centres d'intérêts

    -  comportement associal- perte d'amis, perte d'emploi

            
                            

    - consommation matinale- doit consommer davantage pour avoir le même effet


    - vit des périodes difficiles, mais il surestimera les bons moments et minimisera les périodes difficiles.

    -  anticipe les moments de consommation. Il se préoccupe des effets 
     
    -  établit des règles afin de consommer adéquatement.

    - tranquillement, de façon imperceptible, il change son style de vie et sa règle de consommation. Sa décision de ne pas boire avant 6 heures, deviendra bientôt pas avant 4 heures, et ensuite à midi...- développe un entêtement croissant pour boire. 

    -   Rien ne le fera changer d'idée.

    - degré d'ingéniosité, directement proportionnel au degré de la dépendance, en multipliant les occasions et les justifications de consommer : Il commence à regretter les faits et gestes de la veille.

    Phase de la dépendance nuisible                                              

    Le psychotrope : une fin en  soi
     

    Le psychotrope amène à :

    - une responsabilisation nulle

    - un épuisement physique       

    - la protection de l'approvisionnement  

    - une obnubilation intellectuelle 

    - des craintes et des ressentiments indéfinissables     

    - l'effondrement du système d'alibis

    - une défaite totale reconnue

    - un syndrome cérébral subaigu et/ou chronique  









                                                             


    EFFETS À LONG TERME
       

    EFFETS  PSYCHOLOGIQUES

    Les tests psychologiques montrent qu'une consommation quotidienne de 60 ml/jour entraîne des perturbations sur la vitesse psychomotrice, la mémoire, l'apprentissage, l'appréciation de l'espace, la capacité de raisonnement et le raisonnement complexe :  

    - anxiété et dépression ;


    - négation véhémente du problème, souvent provoquée par la culpabilité et la honte ;

    - tendance à blâmer les autres, la famille, les amis, les compagnons de travail pour les problèmes dus à la boisson ;

    - affaiblissement des facultés intellectuelles

    - obnubilation de l'esprit.


    EFFETS  PHYSIQUES

    La consommation excessive a des impacts sur la santé, la situation sociale (difficultés professionnelles, conjugales, sociales) et la dépendance (nécessité de boire pour fonctionner " normalement ", nécessité d’augmenter les doses et perte de maîtrise de sa consommation).

    Elle encourt :

     
    -  dommages au cerveau, au pancréas et aux reins ;

    - altération progressive de la personnalité, affaiblissement de la mémoire, problèmes de concentration, altération des facultés de raisonnement ;

    - pression artérielle élevée, risques d'hémoragies cérébrales ;

    - atteinte du muscle cardiaque ;

    -  hépatite alcoolique et cirrhose du foie ;


    -  cancer (estomac, bouche, larynx et oesophage) ;

    -  impotence et stérilité ;

    - vieillissement prématuré.

      Les principales pathologies alcooliques  


    CONSÉQUENCES  SOCIALES

    À long terme, l'alcool a également des effets négatifs sur le plan affectif, social et professionnel :

    - problèmes de relations avec le conjoint et les enfants (chicanes, mauvais traitements, non respect de la parole donnée) ;

    - Troubles émotifs et comportementaux chez les enfants ; 


    - absentéisme ou baisse marquée de rendement au travail ;

    - difficultés financières.



    LES RECOMMANDATIONS DE L’OMS

    L’organisation  mondiale de la santé a défini des critères de consommation à moindre risque :

    - Consommation régulière :

    pour les femmes, pas plus de 2 verres par jour (soit 14 par semaine) ;
    pour les hommes, pas plus de 3 verres par jour (soit 21 verres) ;

    - Consommation occasionnelle : pas plus de 4 verres ;

    - Au moins un jour par semaine sans consommation d’alcool ;

    - Pas d’alcool au cours de la grossesse, dans l’enfance, quand on conduit,
     en présence de certaines pathologies ou lors de la prise de  médicaments.




                                      
     

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