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Les nombreux adhérents de l’association nationale Alcool Assistance constituent une population de personnes qui, suite à leur consommation excessive d’alcool souvent conjuguée au tabac pendant quelquefois de longues années, représentent une cohorte de sujets plus exposés que la moyenne nationale à d’éventuelles complications de leur état de santé et donc une cible d’étude tout à fait adaptée pour la mise en œuvre d’une politique de prévention des risques et d’éducation à la santé. En effet l’arrêt de la consommation d’alcool, même après avoir observé plusieurs années d’abstinence, ne protège pas des risques et il convient d’anticiper dans les années qui suivent la survenue de possibles dommages et, en particulier, de lésions cancéreuses. |
- Des effets directs qui se manifestent essentiellement par les cancers des voies aérodigestives supérieures (VADS) : voies digestives, respiratoires hautes, et du gros intestin et du rectum, soit tous les organes qui sont directement en contact avec l’alcool.
- Des effets indirects qui proviennent, quant à eux, de carences alimentaires, de modifications dans les concentrations hormonales et des dysfonctionnements du foie
- Les cancers les plus fréquemment constatés chez les anciens consommateurs sont ceux de la cavité buccale, le pharynx, l’œsophage, le larynx, le foie et le rectum.
LOCALISATION DES CANCERS DES VADS
Les effets cumulés de la consommation d’alcool et de tabac sont particulièrement nocifs. Le risque de développer un cancer de l’œsophage est multiplié par 10 chez un sujet qui fume 10 cigarettes par jour et boit quotidiennement 4 verres d’alcool. Dans les cas de 30 cigarettes et 8 verres d’alcool par jour le risque est multiplié par cent.
EFFET COMBINÉ DE L’ALCOOL ET DU TABAC SUR LE RISQUE RELATIF ESTIMÉ DE CANCER DU LARYNX [TUYNS, 1988]
L’analyse statistique montre que l’augmentation importante du risque relatif pour la combinaison alcool-tabac suit un modèle multiplicatif et illustre la synergie entre ces deux facteurs de risque.
TAUX COMPARATIF* D’INCIDENCE DU CANCER DES VOIES AÉRODIGESTIVES SUPÉRIEURES ET DE L’OESOPHAGE CHEZ LES HOMMES EN 2000 (NOMBRE DE NOUVEAUX CAS POUR 100000 PERSONNES)
- Le cancer touchera un homme sur deux et une femme sur trois dans le courant de leur vie.
800 000 Français vivent avec cette maladie et 2 millions ont eu un cancer.
- Chaque jour, 820 personnes apprennent qu’elles ont un cancer.
- La France a le taux de mortalité prématurée le plus élevé d’Europe due au cancer, c'est-à-dire avant 65 ans, supérieur de 20 % au reste de l’Europe.
- Le cancer tue dans notre pays 150 000 personnes chaque année, soit plus de 410 décès chaque jour.
- Le cancer est responsable d’un décès sur trois chez l’homme et d’un sur quatre chez la femme.
- C’est la deuxième cause de mortalité en France derrière les affections cardiovasculaires, soit environ 28 % des décès.
- C’est la première cause de mortalité chez l’homme, tous âges confondus.
- Il représente 37 % des décès prématurés chez les personnes jeunes et actives, loin devant les accidents et les suicides.
- Quatre cancers sur dix surviennent avant 65 ans, et trois entraîneront un décès avant cet âge.
- Entre 1980 et 2000, le nombre de nouveaux cancers est passé de 160 000 à 278 000 par an, soit une augmentation de 63 % en vingt ans.
- L’augmentation en vingt ans est un peu plus importante chez les hommes (97 000 à 161 000, 66 %) que chez les femmes (73 000 à 117 000, 60 %).
- 41 000 décès annuels sont imputables à des cancers liés au tabac (poumon, voies aérodigestives supérieures, vessie…) et 16 000 à l'alcool.
- Près de 60 % des nouveaux cas de cancers chez l’homme portent sur quatre localisations : la prostate (40 000), le poumon (23 000), le colon-rectum (19 000) et les voies aérodigestives supérieures (21 000).
- Chez la femme, deux localisations prédominent : le sein (42 000) et le colon-rectum (19 000).
- Le cancer du poumon, au sixième rang en 1995, est passé au quatrième rang en 2000, avec 4 500 nouveaux cas et un nombre de décès équivalent.
- Le coût du cancer pour le système de santé est estimé à 15 milliards d’euros par an.
Ces chiffres particulièrement alarmants vont malheureusement de pair avec le triste constat que nous avons pu faire de la disparition prématurée de beaucoup de nos amis(es) due au développement de cancers décelés plus ou moins tardivement dans la période suivant le sevrage malgré le suivi du maintien de l’abstinence.
Cette situation repose, selon notre constat, sur le fait que les personnes devenues abstinentes se croient, du fait de leur victoire sur l’alcool, à l’abri de tout risque pour leur santé.
Il s’agit donc pour nous aujourd’hui d’entreprendre une réflexion positive pour changer l’avenir de ces abstinents en leur faisant prendre conscience des dangers qu’ils encourent et en les incitant à consulter régulièrement leur médecin et leur dentiste.
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Un objectif commun
C’est l’objet de la convention signée avec l’INCA avec qui nous avons fixé l’objectif commun : Quelles sont les pistes d’accès à l’éducation pour la santé pour que l’abstinence (souvent durement acquise) des adhérents puisse leur être utile longtemps ?
Elaboration d’un questionnaire
La rédaction d’un questionnaire élaboré en collaboration entre INCA et Alcool Assistance, a été envoyé à un échantillon d’environ 1000 abstinents.
Les résultats de ce questionnaire avaient pour finalité de concevoir une documentation adaptée d’information générale et de prévention pour faire en sorte de participer aux changements de comportements et voir ainsi régresser de façon significative les dommages et le nombre de décès prématurés que nous avons constatés.
Pour que notre initiative atteigne l’efficacité escomptée, les animateurs internes de formation seront parfaitement formés aux différentes natures de cancers, liés à une consommation d’alcool, et la connaissance des acteurs de santé compétents en matière de dépistage. Leur rôle sera ensuite de développer l’information auprès de l’ensemble des responsables locaux de l’association qui, à leur tour, initieront leurs adhérents pour que de loin en loin, à travers les familles, les parents, les amis et connaissances, le plus grand nombre puisse bénéficier des recommandations utiles.
La revue d’Alcool Assistance de septembre vise à donner une information objective à tous les bénévoles et, sans les alarmer, les encourager à changer leur comportement en décidant de consulter régulièrement leur médecin et leur dentiste.
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