Danger des e-cigarettes : le DNF s´alarme
Article paru le : Mercredi 2 Décembre 2009
Communiqué du DNF (Les Droits des Non-fumeurs) du 18 novembre 2009.
Dr Agnès Mallet
Les cigarettes électroniques, encore appelées e-cigarettes, vont-elles envahir les lieux de convivialité dans lesquels il est interdit de fumer en application de la loi anti-tabac ? L´association Les Droits des Non-fumeurs, DNF, s´en inquiète suffisamment pour avoir lancé en mi-novembre un communiqué dénonçant les faux-semblants d´un tabagisme « propre ». Les e-cigarettes sont des appareils électroniques ayant la forme de cigarettes traditionnelles (il existe aussi des e-cigares et des e-pipes) correspondant à un générateur d´aérosol délivrant de la fumée artificielle contenant différents produits possibles dont la nicotine. Elles contiennent un réservoir mobile ou rechargeable, et produisent donc de la fumée après aspiration par l´utilisateur. Une diode lumineuse simule aussi la combustion… Avec ce dispositif d´inhalation rejetant de la vapeur, les fabricants d´e-cigarettes proposent aux fumeurs de fumer « sans fumée, avec ou sans nicotine ».DNF estime qu´il s´agit là du retour déguisé de la promotion d´un tabagisme prétendument propre et inoffensif pour la santé ; un produit magique qui participerait à l´arrêt du tabac et permettrait de fumer dans les lieux où la loi l´interdit. Chaque cigarette électronique revendiquant un « sevrage tabagique » doit faire l´objet d´une autorisation de mise sur le marché (AMM) afin d´obtenir – ou non – le statut de médicament. Cette obligation ne semble pas vraiment respectée par les revendeurs, en particulier sur Internet… Il existe déjà sur le marché une bonne cinquantaine de modèles de e-cigarettes de plusieurs marques, dont beaucoup sont distribuées par Internet. Il existe également des guides d´achat de ces cigarettes électroniques et des blogs spécifiquement dédiés à ce sujet. Le marché a explosé depuis la généralisation des lois anti-tabac dans le monde, dans les pays industrialisés en particulier, là où elles sont les plus respectées.
Selon DNF, l´Afssaps indique que les cigarettes électroniques comprises comme médicaments contiennent des dosages de nicotine par cartouche deux à trois fois supérieurs aux doses administrables traditionnelles (60 et 120 mg par jour) ; plus grave encore, aucune limite maximale de nicotine n´est spécifiée, un manquement réglementaire laissant craindre de nombreux surdosages, effets indésirables et contre-indications.
Pour l´association, d´une manière générale, les cigarettes électroniques entretiennent sciemment la confusion entre médicament, sevrage tabagique, plaisir de fumer et possibilité prétendument légale de fumer là où la loi l´interdit. Pourtant, l´OMS estime qu´il ne s´agit pas « d´une thérapie légitime permettant d´aider les fumeurs à cesser de fumer ». A ce titre, DNF en appelle donc à une réglementation beaucoup plus stricte et précise, notamment sur la définition de ce produit en tant que médicament et en matière de doses administrables maximum de nicotine, afin de ne pas favoriser une brèche dans l´application de la législation anti-tabac et la protection des non-fumeurs.