ALCOOL ET CANCER
L’alcool est-il cancérogène ?
Oui, l’alcool est cancérogène pour l’homme et la femme. Depuis plusieurs décennies, les études épidémiologiques ont montré clairement que la consommation de boissons alcoolisées augmente le risque de cancers.
La littérature scientifique montre que le risque de cancer augmente avec la dose d’éthanol apportée par les boissons alcoolisées, sans effet de seuil. Autrement dit, même une consommation modérée d’alcool augmente le risque de cancers.
Dans la plupart des études, l’effet de l’alcool est observé sur la base de la consommation quotidienne moyenne, quel que soit le type de boisson (vin, bière, spiritueux…) ou le mode de consommation (pendant les repas ou en dehors, consommation régulière ou pic d’alcoolisation).
L’alcool exerce donc un effet propre par l’intermédiaire de mécanismes qui diffèrent selon les cancers et il peut agir également en synergie avec d’autres facteurs de risque tels que le tabac. La consommation de boissons alcoolisées est la seconde cause de mortalité par cancer évitable, après le tabac.
Quels sont les principaux cancers associés à l’alcool ?
La consommation de boissons alcoolisées augmente fortement le risque des cancers des voies aérodigestives supérieures (bouche, pharynx, larynx et oesophage).
Par exemple, le risque de cancers de la cavité buccale est environ six fois plus élevé chez les gros buveurs que chez les abstinents. Pour les cancers des voies aérodigestives supérieures, la relation causale est clairement démontrée, avec une relation linéaire tant pour les quantités que pour la durée d’exposition. Pour ces cancers, l’alcool et le tabac ont des effets synergiques. Par exemple, dans le cas du cancer de l’œsophage, les études réalisées en France ont montré que l’effet propre de l’alcool est important et que les sujets qui boivent et fument beaucoup ont un risque très élevé (multiplié par 44).
LOCALISATION DES CANCERS DES VADS
EFFET COMBINÉ DE L’ALCOOL ET DU TABAC SUR LE RISQUE RELATIF ESTIMÉ DE CANCER DU LARYNX [TUYNS, 1988]
La consommation de boissons alcoolisées augmente le risque de cancer du foie,
généralement après développement d’une cirrhose alcoolique (dans les populations peu exposées aux virus de l’hépatite B ou de l’hépatite C, comme c’est le cas en Europe).
Les études récentes montrent également une association entre la consommation d’alcool et le risque de cancer colorectal dans les deux sexes et le risque de cancer du sein chez la femme. Pour le cancer du sein, le risque croît de 10 % lorsque la consommation moyenne d’alcool par jour augmente de 10 g (un verre).
La prévention ciblée sur ce facteur de risque contribuerait donc à réduire fortement l’incidence et la mortalité des cancers liés à l’alcool.
Toutes les régions de France sont-elles touchées pareillement par les cancers associés à l’alcool ?
Non, la répartition géographique des cancers liés à l’alcool montre des disparités régionales. Par exemple, pour les cancers des voies aérodigestives supérieures, pour lesquels l’alcool et de tabac agissent en synergie, les régions les plus touchées sont la Bretagne, la Haute et la Basse Normandie, le Nord-Pas-de-Calais, la Picardie, la Bourgogne, la Champagne-Ardennes, la Lorraine et l’Alsace.
TAUX COMPARATIF* D’INCIDENCE DU CANCER DES VOIES AÉRODIGESTIVES SUPÉRIEURES ET DE L’OESOPHAGE CHEZ LES HOMMES EN 2000 (NOMBRE DE NOUVEAUX CAS POUR 100000 PERSONNES)
Les chiffres les plus éloquents
- Le cancer touchera un homme sur deux et une femme sur trois dans le courant de leur vie.
800 000 Français vivent avec cette maladie et 2 millions ont eu un cancer.
- Chaque jour, 820 personnes apprennent qu’elles ont un cancer.
- La France a le taux de mortalité prématurée le plus élevé d’Europe due au cancer, c'est-à-dire avant 65 ans, supérieur de 20 % au reste de l’Europe.
- Le cancer tue dans notre pays 150 000 personnes chaque année, soit plus de 410 décès chaque jour.
- Le cancer est responsable d’un décès sur trois chez l’homme et d’un sur quatre chez la femme.
- C’est la deuxième cause de mortalité en France derrière les affections cardiovasculaires, soit environ 28 % des décès.
- C’est la première cause de mortalité chez l’homme, tous âges confondus.
- Il représente 37 % des décès prématurés chez les personnes jeunes et actives, loin devant les accidents et les suicides.
- Quatre cancers sur dix surviennent avant 65 ans, et trois entraîneront un décès avant cet âge.
- Entre 1980 et 2000, le nombre de nouveaux cancers est passé de 160 000 à 278 000 par an, soit une augmentation de 63 % en vingt ans.
- L’augmentation en vingt ans est un peu plus importante chez les hommes (97 000 à 161 000, 66 %) que chez les femmes (73 000 à 117 000, 60 %).
- 41 000 décès annuels sont imputables à des cancers liés au tabac (poumon, voies aérodigestives supérieures, vessie…) et 16 000 à l'alcool.
- Près de 60 % des nouveaux cas de cancers chez l’homme portent sur quatre localisations : la prostate (40 000), le poumon (23 000), le colon-rectum (19 000) et les voies aérodigestives supérieures (21 000).
- Chez la femme, deux localisations prédominent : le sein (42 000) et le colon-rectum (19 000).
- Le cancer du poumon, au sixième rang en 1995, est passé au quatrième rang en 2000, avec 4 500 nouveaux cas et un nombre de décès équivalent.
- Le coût du cancer pour le système de santé est estimé à 15 milliards d’euros par an.
Institut national du cancer
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Des questions que tout le monde se pose
Le cancer n'est pas une maladie contagieuse. Vous ne risquer rien à côtoyer des malades du cancer, à les toucher, leur serrer la main ou boire dans le même verre. Les cellules cancéreuses ne sont pas forcement tuées par l'organisme du malade car il les reconnaît comme étant de son propre corps. Si on met une telle cellule dans un autre corps, ce dernier percevra cette cellule comme étant étrangère et sera détruite aussitôt comme ce serait le cas pour un virus ou une bactérie. Le cancer n'est pas un virus ou une bactérie, il ne se transmet pas.
Certains le sont mais ce n'est pas la majorité.
L'alimentation joue en effet un rôle important dans certains cancers tels que ceux du rectum ou du côlon. Une alimentation peu diversifiée, avec un apport pauvre en fruits et légumes peu favoriser l'apparition de tels cancers. De même les alimentation hypercaloriques (très riches) favorisent le cancer. L'alcool est également un facteur aggravant non négligeable
Aucune certitude dans le domaine.
Aucun doute possible :
Hélas oui.
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Le chirurgien dentiste, acteur de la lutte contre le cancer
La France est au premier rang européen et au troisième rang mondial avec 6 300 nouveaux cas de cancers de la bouche par an dépistés à l’examen buccodentaire chez l’homme et 1 500 chez la femme. Parce qu’elles ont peut-être fumé ou consommé des alcools forts trop longtemps, les personnes de 50 à 70 ans sont davantage concernées. Et les cancers de la langue et du plancher buccal sont les cancers buccaux les plus rencontrés. Du diagnostic à la prise en charge thérapeutique, le chirurgien dentiste intervient comme l’un des acteurs de la lutte contre le cancer.
Le diagnostic précoce est garant d’une augmentation sensible du taux de survie
Pour maîtriser l’évolution des tumeurs et augmenter le taux de survie, les lésions potentiellement suspectes, précurseurs du cancer, doivent être dépistées au plus tôt. Ce diagnostic précoce réduit de façon appréciable les séquelles anatomiques et fonctionnelles et améliore la qualité de vie des patients. Le chirurgien dentiste joue un rôle décisif. En effet, 40 000 praticiens croisent en moyenne un demi million de patients par jour en consultation. L’examen de leur bouche est l’opportunité de détecter ce type de lésions.
Le chirurgien dentiste identifie des lésions suspectes…
Quand ces précurseurs sont identifiés chez un patient qui possède des facteurs de risque avérés, une biopsie est envisagée. Elle peut être réalisée par le chirurgien dentiste sauf si la nature de la lésion est maligne. Le patient est dans ce cas orienté vers un centre spécialisé où il est pris en charge par une équipe multidisciplinaire.
Les facteurs de risques
Le cancer traduit une perte d’équilibre entre la vie (division cellulaire) et la mort (apoptose) des cellules. Cet équilibre est normalement géré par des mécanismes de contrôle et de régulation qui s’opèrent au niveau du noyau cellulaire. Sous l’influence de facteurs dits cancérigènes, comme le tabac et l’alcool, des modifications génétiques (mutations) de certaines composantes du noyau peuvent survenir. L’équilibre entre division cellulaire normale et apoptose n’est alors plus assuré. Ce qui se traduit par une prolifération anarchique de cellules anormales qui échappent ainsi aux mécanismes habituels de contrôle et de régulation. Dans ce sens on peut qualifier le cancer de maladie génétique.
D’autres facteurs que le tabac et l’alcool sont également susceptibles d’induire les mêmes effets. Il peut s’agir du rayonnement solaire ou de certaines affections virales.
Savez-vous qu’il est possible d’éviter certains cancers et d’améliorer son état de santé général en adoptant un mode de vie plus sain ? D’autre part, si le cancer est détecté rapidement, ses perspectives de guérison peuvent être nettement accrues. Vous pouvez donc améliorer votre capital santé si vous adoptez un mode de vie plus équilibré et si vous effectuez les examens de dépistage préconisés.
9/ Faites pratiquer un frottis vaginal à intervalles réguliers. Participez à des campagnes de dépistage de masse du cancer du col de l’utérus.
Les facteurs environnementaux et nutritionnels joueraient aussi un rôle qui n’est pas bien défini pour le moment. Le rôle de l’inflammation chronique, reflet de la mauvaise hygiène buccodentaire, n’est pas bien établi. D’autant plus que cette inflammation chronique est très souvent associée à un contexte d’intoxication alcoolo-tabagique, de négligence et de conditions socioéconomiques précaires.
Les dix commandements du code européen contre le cancer
Des experts européens ont élaboré et actualisé régulièrement, depuis 1987, une liste de recommandations regroupant les principales mesures accessibles à tout individu et susceptibles de réduire, de plus de moitié, le risque de présenter un cancer : le code européen contre le cancer.
1/ Ne fumez pas. Si vous fumez, arrêtez le plus vite possible et ne fumez pas en présence des autres. Si vous ne fumez pas, ne vous laissez pas tenter par le tabac.
2/ Si vous buvez des boissons alcoolisées – bière, vin ou alcool – modérez votre consommation.
3/ Augmentez votre consommation quotidienne de fruits et légumes frais. Mangez souvent des céréales à haute teneur en fibres.
4/ Evitez l’excès de poids, augmentez votre activité physique et limitez la consommation d'aliments riches en matières grasses.
5/ Evitez la surexposition au soleil, évitez les coups de soleil surtout durant l'enfance.
6/ Appliquez de manière stricte les réglementations dont la finalité est d'éviter l'exposition aux substances cancérigènes connues. Suivez toutes les consignes d'hygiène et de sécurité concernant les substances qui pourraient causer un cancer.
Plus de cancers pourraient être guéris s'ils étaient détectés tôt.
7/ Consultez un médecin si vous remarquez une grosseur, une plaie qui ne guérit pas (y compris dans la bouche), un grain de beauté qui change de forme, taille ou couleur, ou des saignements anormaux.
8/ Consultez un médecin si vous avez des troubles qui persistent comme la toux ou l’enrouement, une modification du transit intestinal, des troubles urinaires, ou une perte inexpliquée de poids.
Pour les femmes :
10/ Examinez vos seins régulièrement. Si vous avez plus de 50 ans, participez à une campagne de dépistage de masse par mammographie.
Toute personne ayant un facteur de risque : tabac, éthylisme,
doit se soumettre à un dépistage ORL tous les ans.
Le taux de survie à 5 ans varie considérablement d'un cancer à l'autre, et pour une « bonne localisation » telle que le cancer du larynx, on peut passer de 90 % à 30 % si l'on perd un an sur la mise Le taux de survie à 5 ans varie considérablement d'un cancer à l'autre, et pour une "bonne localisation" telle que le cancer du larynx, on peut passer de 90 % à 30 % si l'on perd un an sur la mise en œuvre du traitement.
La surveillance est fondamentale après traitement d'un cancer des voies aérodigestives supérieures(VADS) car une deuxième localisation est toujours possible qui pourra, elle aussi, guérir si on la traite précocement.