En France, vers 2006, l'usage problématique d'alcool touche environ 5 millions de personnes (dont 2 millions seraient dépendantes)] (soit plus de 7 800 personnes pour 100 000 habitants), dont 600 000 femmes ; d'après une étude récente, chaque Français de 15 ans et plus a consommé en moyenne 13,4 litres d'alcool pur en 2003 (ce qui représente 3 verres standards d'alcool par jour et par habitant).
Prévalence de l'alcoolisme
En France, on estime que 10 à 20% des accidents du travail sont imputables à l'alcool et 10% des salariés ont une consommation problématique d'alcool. Chez les jeunes, 50% des accidents mortels de la circulation sont associés à une consommation d'alcool. L'alcool est associé dans 50% des bagarres et 50 à 60% des crimes et délits. Ces statistiques sont particulièrement sujettes à caution (ne pas confondre association et cause-conséquence): l'évaluation rigoureuse est très difficile en raison d'une dénégation quasi-constante des faits.
Alcoolisme et mortalité
L'alcoolisme cause environ 1 800 000 morts par an dans le monde vers 2004 (soit autour de 3 % des décès), dont 45 000 en France (deuxième cause de mortalité évitable en France après le Tabac) (73 pour 100 000 habitants) :| 23 000 décès directs
11 000 cancers des lèvres, de la bouche, du pharynx et du larynx, 9 000 cirrhoses, 2 500 par alcoolodépendance, |
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22 000 morts indirectes (troubles mentaux, maladies cardiovasculaires, accidents...).
Tous les ans, 8 000 bébés naissent en France avec des malformations graves (syndrome d'alcoolisation fœtale) en raison de l'alcoolisation de la mère ; dans le Pas-de-Calais, cela représente 1 naissance sur 3 000.
En France, on peut considérer que l'alcoolisme est la troisième cause de mortalité après l'obésité et le tabac, et devant les maladies infectieuses et les accidents de la route.
Les risques de cirrhose du foie et d'accidents sont bien connus de la majorité des Français, mais il n'en est pas de même des risques de cancers et de maladies cardio-vasculaires.
Pour les maladies cardio-vasculaires, les études scientifiques montrent qu'une consommation modérée (un verre de vin rouge par jour) diminue le risque cardio-vasculaire, mais qu'une consommation de plus de trois verres l'augmente rapidement.
L'excès d'alcool crée également des carences en vitamines, ce qui diminue la résistance aux maladies.
L'association alcool – tabac est un facteur d'aggravation du risque, qui devient alors supérieur à la somme des risques de l'alcool et du tabac pris séparément.
Si les conséquences les plus dramatiques de la consommation d'alcool se mesurent en nombre de décès, il faut aussi prendre en compte l'ensemble des personnes qui, à un moment donné, ont un rapport pathologique à l'alcool (abus ou usage nocif, dépendance) et l'ensemble de personnes souffrant des conséquences en termes sanitaires de leur consommation (cirrhose, cancer, etc.)
Recours aux soins
L'impact de la consommation excessive d'alcool peut également se mesurer en termes de nombre de consommateurs d'alcool ayant recours aux soins en raison de leur consommation. Il faut distinguer la prise en charge de la maladie alcoolique elle même (abus et dépendance à l'alcool) de la prise en charge des maladies qui sont la conséquence de la consommation d'alcool.
En 2005, environ 125 000 consommateurs ont été reçus dans le système spécialisé de soins (Centres de cure ambulatoire en alcoologie) pour des problèmes de consommation d'alcool [10], dont près de 20% n'ont été vus qu'une fois. Parmi les personnes prises en charge, les deux tiers étaient considérées par le personnel soignant comme alcoolo dépendantes.
Le système d'information des hôpitaux (PMSI) enregistrait, en 2006, 108 000 séjours avec un diagnostic principal de troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation de l'alcool (dont 60% de séjours de moins de 24 heures suite à une ivresse aigue) et 19 000 séjours pour sevrage alcoolique.
La prise en compte de l'ensemble des pathologies induites par l'alcool conduit à des chiffres de prises en charge sanitaires beaucoup plus élevés. Le nombre total d'hospitalisation liée aux conséquences sur la santé des problèmes d'alcool a été estimé à 1,3 millions en 2003.
Coût social de l'alcoolisme
Le coût de l'alcoolisme est très important, tant par ses conséquences médicales, que par l'absentéisme qui en découle ou par la criminalité en rapport. Il a été estimé à près de 39 milliards de dollars par an en Grande-Bretagne et 17.4 milliards d'euro en France.
Ces calculs de coûts comprennent à la fois les coûts directs liés à la consommation de bien médicaux mais aussi les coûts indirects liés à la perte de productivité en raison d'arrêt de travail, arrêt maladie etc.
Infractions à la loi
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Les cas de transgression de la loi sous influence de l'alcool constituent une autre forme de dommages sociaux. Il est nécessaire de différencier les infractions dans lesquelles l'alcool est explicitement en cause des autres infractions.
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