Lachenmeier DW, Gumbel-Mako S, Sohnius EM, Keck-Wilhelm A, Kratz E, Mildau G. Salivary acetaldehyde increase due to alcohol-containing mouthwash use: A risk factor for oral cancer. Int J Cancer. 2009 Feb 23 ;125(3) :730-5.
Les patients alcoolo-dépendants abstinents le savent –pour mieux les éviter– certains bains de bouche contiennent de l’alcool. Selon les marques et les produits, la concentration varie entre 5 et 27% d’alcool pur. Une récente revue de la littérature a évalué les liens entre l’exposition à ces bains de bouche et la survenue de cancer de la sphère orale (1).
Près de10 études ont évalué cette association dont 3 sont positives. Deux de ces trois études montrent une relation effet dose entre la concentration d’alcool contenue dans le bain de bouche et le risque de cancer. Ces travaux avaient pour la plupart tenu compte de nombreuses variables confondantes, comme la consommation d’alcool ou de tabac, ou des évaluations de l’état de santé bucco-dentaire.
Pour comprendre les mécanismes par lesquelles cette association pourrait avoir lieu, une équipe allemande a évalué à plusieurs reprises la concentration en acétaldéhyde contenue dans la salive de 4 sujets. L’acétaldéhyde est le métabolite principal de l’alcool, synthétisé par oxydation de l’éthanol, et dont le rôle cancérigène est aujourd’hui démontré. Les participants étaient en bonne santé et non-fumeurs, et avaient pour consigne de limiter leur consommation d’alcool au cours des 24h précédent l’expérience. Ces sujets ont été soumis à 13 bains de bouche de concentrations d’alcool croissantes.
Les résultats de ce travail mettent en évidence une augmentation de la concentration en acétaldéhyde salivaire au cours des 2 à 4 minutes suivant l’administration d’un bain de bouche. Cette augmentation est d’autant plus importante que la concentration en alcool du liquide utilisé est élevée (différence non statistiquement significative).
Une estimation du risque carcinogène encouru aux concentrations observées suggère que, même dans l’hypothèse la moins favorable, le risque attribuable aux bains de bouche alcoolisés ne peut avoir qu’une contribution mineure aux cancers buccaux, et, de fait, que les bains de bouches posent un problème de santé publique relativement modeste.
Une des limites évidentes de ce travail est le faible nombre de participants recrutés (n=4). Ce nombre restreint limite la puissance de cette étude, et notamment ne permet pas d’établir une relation effet-dose entre concentration d’alcool dans le liquide de rinçage et concentration en acétaldéhyde salivaire, alors même que les schémas de l’article original sont très évocateurs d’une telle relation.
Bibliographie
1. La Vecchia C. – Mouthwash and oral cancer risk: an update. Oral Oncol. 2009 Mar;45(3):198-200.