Groupes de paroles Femmes malades :



Uniquement réservés aux femmes malades alcooliques : moins de gêne, plus de compréhension entre celles qui se ressemblent. Permettre aux femmes malades de s’exprimer entre-elles, sans tabou, en toute liberté et sans crainte d’être jugés ou incomprises par certains hommes.


Pendant de très nombreuses années, la part des femmes dans les groupes de « paroles mixtes » ne représentait que 30 % pour 70 % d’hommes.

Dans cette mixité, les femmes avaient de grandes difficultés à exprimer leur mal-être, leur histoire, leur vécu et en arrivaient à ne plus fréquenter les groupes de paroles.


Ces dernières années, à l’initiative de femmes devenues abstinentes d’Alcool Assistance, qui souhaitaient se sentir bien entre-elles, se sont créés des groupes spécifiques grâce auxquels elles ont pu sortir de leur isolement et de leur exception (92 % des femmes s’alcoolisent en cachette).



 

Un accueil au féminin, un nouveau regard

Le « Nouveau Regard » qu’on leur a porté, la similitude des expériences, même si elles sont souvent diverses, l’écoute plus affective et sensible, ont permis de développer ces lieux d’accueil au féminin dans de nombreux départements, offrant des espaces d’échanges à celles qui se ressemblent et donc se comprennent.




Ces groupes proposent des objectifs communs :


• Sortir du déni, de la honte, de la culpabilité et de l’isolement.

• Comprendre et accepter sa maladie. Ce qui permet une prise de conscience plus rapide et une décision de soin déterminée. 




Au-delà de la période des soins, les groupes « Femmes » accompagnent les femmes soignées, dans le parcours de la réappropriation de leur vie de femme, de mère, d’épouse, de salariée, par le renforcement de l’estime d’elles mêmes et la valorisation de leurs objectifs de vie.

Apprendre à reprendre sa véritable place de femme

“Alcool Assistance femmes” accueille dans ses groupes, des femmes qui ont connu la dépendance, les femmes qui sont à la recherche de l’abstinence et celles qui doutent ou s’interrogent par rapport à leur propre consommation d’alcool.   

        

 

La femme qui boit


Ne vous moquez jamais
De la femme qui boit !
D'ailleurs, elle ne boit pas :
Elle s'éponge le cœur
Pour tenter d'adoucir
Des blessures anciennes
Dont elle n'a souvenir
Que par bribes incertaines.



Si elle boit toute seule
C’est qu'elle s'est fabriquée
Une prison sans murs
Ni barreaux, ni fenêtres
Dont la porte est fermée
À double et triple tour
Et dont elle ne sait plus
Où elle a mis la clef.



Des heures durant elle boit.
De la bière au whisky
Du whisky à la bière
Elle se remplit d'alcool
Sans le moindre plaisir
Pour connaître l’ivresse
Qui seule peut effacer
La laideur de la vie.


Quand l'alcool lui aura
Donné de fausses ailes
De fausses raisons de vivre
Et de fausses espérances
Elle remplira de larmes
Son verre déjà vide
Et se saoulera de pleurs
Ce vin au goût salé.

Après s'être enivrée
Et saoulée de tristesse
Il ne lui restera
Qu’à tendre un dernier verre
pour le remplir de honte
Cette liqueur amère
Qui peut faire pire encore
Que tout l'alcool du monde.

Et toute honte bue,
Elle rentrera chez elle
Hideuse et titubante
Sous le regard moqueur
De ceux-là et de celles
Qui la montrent du doigt
Mais qui ne savent rien
Du malheur de sa vie
.


Ne vous moquez jamais
De la femme qui boit !
Ne l'éclaboussez pas
De sourires méprisants !
Aidez-là simplement
À retrouver sa clef
Pour qu'elle ouvre sa porte
Au vent de liberté
.

Daniel Pasquier